HORS-SUJET : COMMENTAIRES DE PASSION

 

Connaissez-vous le Jeu de Rôle Grandeur Nature ?

 

Peut-être en avez-vous déjà entendu parlé : ces gens qui l'espace d'un week-end endossent la peau de leur guerrier ou magicien préféré pour vivre ses aventures et chasser le dragon... Mais ce n'est pas que cela !

 

Effectivement à l'origine, certains joueurs de jeu de rôle sur table ont éprouvé le désir de jouer "pour de vrai" les aventures de leur personnage imaginaire. Mais la difficulté à trouver de vrais châteaux ou des dragons crédibles a entraîné certaines adaptations au niveau des scénarios. A défaut d'un château, les lieux de jeu sont souvent en forêt avec parfois grottes, ruines ou toute autre auberge reconstituée. On se rend compte que ce n'est pas que le décor qui fait le jeu. On a voulu revenir au but essentiel du jeu de rôle qui est de jouer un rôle (comme son nom l'indique).

 

Depuis maintenant plus de dix ans, en France, des centaines de joueurs pratiquent ce qu'eux-mêmes appellent G.N. (initiales de Grandeur Nature) ou Semi dans le sud (abréviation de Semi-Réel). Tous ne sont pas des fervents du jeu de rôle sur table. Certains n'en ont d'ailleurs jamais fait. Mais tous partagent cette passion. Leurs façons de jouer correspondent souvent à leurs motivations. Elles peuvent être fort différentes : Certains se feront diplomates et prendront part à d'âpres négociations. D'autres préféreront les faits d'armes, combats simulés à l'aide d'armes de mousse et de latex. D'autres enfin apprécieront de jouer les espions et sauront se procurer toutes sortes d'informations. Beaucoup s'amuseront dans leurs aventures simplement à vivre dans la peau de leur personnage, en le faisant négocier, discuter, se battre avec les autres...

 

Si vous souhaitez en savoir plus sur les G.N., n'hésitez pas à me contacter : Cyril BRANDT

1 rue Jean Wiener

77420 CHAMPS sur MARNE

tél.: (1) 64.68.54.16

 

WEEK-END LUDIQUE, quelque part dans le Sud

 

Veni, cidi, vici, disait César. La Première rencontre des Transludistes du Sud de la France a eu lieu. Trois jeux auront été commencés, aucun terminé faute de temps. Ce qui laissa chacun satisfait : personne n'avait été battu, personne n'avait gagné.

Ce fut une heureuse rencontre. Il convenait de lui accorder un premier compte-rendu, et il fut difficile de l'abréger vu la richesse des événements qui se sont produits, en bien ou en mal (et dur d'arriver jusqu'au Far Play, 18 mois...)

 

Camp de formation :

Mas du "Four à Chaux", Lourmarin -état libre du Vaucluse- 40 Km environ au nord d'Aix en Provence, sur la route d'Apt.

Endroit équipé de six excavations majeures :

- une caverne dotée d'une cheminée et de quatre spots de 500 W.

- une grotte salle à manger (qui fut notre antre)

- deux autres grottes dortoir (la première pour les éléments masculins, l'autre pour les éléments féminins, pas de quoi fouetter un chat).

- un labo-cuisine équipé (frigo, four, vaisselle, etc...).

- des trou-sanitaires, avec douches et eau chaude (s'il vous plaît !).

Végétation peu luxuriante, herbe verte et épaisse.

 

Tirage météo :

- samedi et dimanche après-midi : beau temps.

- dimanche matin : pluie

- température moyenne : 21°c.

 

Personnages :

- Lilian Blache, Arms-man. Pour l'occasion, a troqué son PM contre quelques divisions d'Atréïdes.

- Jean-Luc Buffanio, le n°6. Cache son jeu derrière ses lunettes de soleil et son petit sourire en coin...

- Jean-François Nicolay, premier Méta-humain. Caractérisé par son amour des vins et des jeux. Manipulateur malin...

-Frédéric Renvoyer, Scribe. Affublé des lauriers de César et doté des troubles gastriques de Napoléon.

- Gilles Triboulet, Cyber-Nat. Cuistôt. Refile avec la même aisance petits plats cuisinés et calamités...

- Patrick Wattecamps, Chamane et diplomate du groupe. Prompt au rire et au sommeil.

 

Bref, six vétérans, dans la force de l'âge, sportifs, valeureux...

 

NPC (Non Player Characters) rencontrés :

- les tenanciers de l'établissement : un petit nerveux et une petite tondue.

- des chevaux.

- les cavalières (popotin peu différent de celui des chevaux) et un cowboy.

- une dizaine de touristes flétris par les années et l'usure de la marche...

- un Orc ! Eh oui, il en existe !

 

Rencontre :

Tour 0.

Première rencontre à 14 h 30, le 8 mai 1993. Phase d'identification de trois suspects dissimulés derrière les vitres teintées de leur véhicule (un ancien modèle). Je me risquai hors de mon jet privé. Jean-François assurait mes arrières.

Une vitre s'abaissa lentement, révélant des humanoïdes portant le même badge que nous. Pas d'erreur, ils sont des notres. L'atmosphère se détend.

Arrivée de N°6, dans un crissement de freins. Promptement, il annonce :

"Mauvaise nouvelle mes amis. N° 7 ne viendra pas ! Nous ne saurons jamais pourquoi il a démissioné..."

 

Tour 1.

Prise de contact avec le couple de tenanciers. Assez froid : l'homme dégage une odeur méphytique et éthylique. Il a le front bas, le regard fuyant. Seul, Patrick s'avança et lui parla, bravement. Le bougre pensait que nous allions jouer aux cartes...

Transfert de victuailles (raclette prévue le soir et spaghettis Bolognaise dimanche midi). Transfert des jeux (il y en avait deux gros tas).

 

Tour 2.

Début des hostilités à 15 h 00 avec Civilisation

 

Tour 3.

Pause apéro (en plein air et au soleil) à 18 h 00

 

 

Tour 4.

Reprise des hostilités à 18 h 30 et arrêt à 22 h 30. Patrick se rendit alors dans le labo-cuisine pour mettre ses pommes de terre au feu. C'est alors qu'il découvrit un Orc ivre dans un coin du local. Son expulsion le fit aboutir auprès de notre table, où il nous dévisagea d'un air ahuri, avant de se faire sortir à grands coups de knout par le tavernier.

Un quart d'heure plus tard, Gilles se mettait à la préparation des rations reconstituantes. Et stupeur ! Plus aucun bio aliment ni liquide de synthèse ! (En clair : plus de bidoche, plus de pain, plus de piard). A cette annonce, l'aubergiste échappa de justesse à la décéption de Jean-François...

Des fouilles frénétiques commencent. Lilian brancha sa Cyber-vision pour détecter d'éventuels indices, et activa l'interphase de son AS-Predator. Je branchai ma console Mc-Intosh 5/105 sur le réseau informatique du "Four à Chaux", à la recherche d'informations.

Jean-François aboutit dans l'antre du tenancier, empli de vapeurs nauséabondes et entêtantes.Il doit battre en retraite, mal en point :

"Ils utilisent des hallucinogènes..."

Patrick est aux prises avec le tenancier :

"J'vous l'jure, c'est la première fois qu'ça s'produit ici ! C'est l'Orc ! On l'a vu partir avec un sac !"

Il aura beau défendre son établissement, de gros doutes planent sur lui.

Trop tard de toute manière. Le pirate avait agi d'une façon parfaite. Nos biens les plus précieux avaient été engloutis , à l'heure qu'il était.

Lerepas eu lieu (fromage et patates). Le tenancier, pour adoucir nos regards noirs, et sans doute inquiets de nous voir manipuler nos couteaux + 15, nous donna du pain presque sec. Désemparé, il se racheta en nous offrant cette fois-ci du vin rosé (dans un pichet plastique), qui, ma foi, ne fut pas mauvais.

 

Tour 5.

Le jeu repris vers 0 h 00, avec Dune, ette fois. La partie cessa vers 4 h 30 du matin. Il était temps de régénérer nos organismes corrodés apr le sable et usés par les siècles.

 

Tour 6.

Le lendemain, je retrouvai Gilles, et après un délicieux petit déjeuner (brioche, nutella), nous mîmes au point la sauce avec laquelle nous allions manger les Gaulois de Thierry Bougain , sur César à Alésia(notre situation romaine est si critique...).

Pendant ce temps, les autres ronflaient...

 

Tour 7.

Vers 11 h 00, la bataille reprenait., plus acharnée que jamais, cette fois sur le thème "Les dernières batailles de Napoléon".

Patrick incarnait le Prince d'Orange, Jean-Luc le Duc de Wellington, et Gilles le Prussien Blucher. Tel était composé le camp des méchants.

Coté Français, Jean-François représentait Ney ; Lilian, Grouchy et moi-même Napoléon. Il s'agissait de battre les ennemis avant Waterloo, empêcher la jonction des Prussiens avec les coalisés Britanniques en les attaquant à Quatre Bras et à Ligny.

Nous avons tiré un voile pudique sur cette sanglante bataille.

Jean-François faillit avoir la peau d'Orange. Lilian tailla en pièce le 3ème corps Prussiens, et quand à moi, je détruisis l'artillerie et deux régiments du 2ème corps. Je perdis néanmoins Guyot, ma plu belle unité de cavalerie...

Mais rien n'était joué lorsqu'à 15 h 00 intervint la pause repas...

 

Tour 8.

A 16 h 20, tout était terminé. Une émouvante séparation acheva cette première rencontre. Nous avons parlé de tant de choses, mais le temps manquait. Cela nous rappela notre triste condition humaine...

 

Je suis sûr que nos rires résonnent encore dans cette sinistre demeure. Il n'est pas dit qu'elle nous hébergera de nouveau, mais une chose est certaine : d'autres rencontre se succèderont. Et nous jouerons probablement à Amirauté. Les Japs seront opposés aux Ricains...

 

 

Frédéric Renvoyer (merci à lui)

Participation de Gilles Triboulet, Jean-François Nicolay.

 

 

Instigateurs principaux de cette Première Rencontre : Gilles Triboulet et Patrick Wattecamps (et la 2ème)

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