JOURNEE JEUX AU MEE SUR SEINE
Ce samedi, les transludistes de la région parisienne et des alentours (beaux efforts de Jacques LAROQUE pour venir d'Amiens et de Guillaume RENAUD depuis sa base de Chateaudun) s'étaient donnés rendez-vous au Mée pour une petite session ludique, occasion rare de voir les autres et de se confronter sur table. Nous étions 9 vers 16 h 30 après les négociations habituelles (non, non, pas d'info là-dessus) et la lecture assidue du compte-rendu de TV WAR par les joueurs de la partie test (j'insiste peut-être, mais qu'est-ce que c'est bien !) Nous décidâmes après de longues palabres de commencer par deux tables de jeux pas trop longs avant de manger, et on verra pour la suite ...
A ma gauche, NEW WORLD, du même genre que Conquistadores, sur le nouveau monde, partie jouée par Dominique BERGERET, Bernard FAIVRE, Christophe JACQUET et Guillaume RENAUD. Après les explications du jeu par Bernard aux autres joueurs (le principe est simple, faites ce que je vous dis), pas beaucoup d'échos sinon ceux du président pestant contre ses jets de dés ...
A ma droite, ACQUIRE, simulation hôtelière connue des transludistes mais assez différente sur plateau, partie jouée par Thierry BOUGAIN, Jean-Luc BRUNET, Maurice CORNELOUP, Jacques LAROQUE et votre serviteur. La partie fut serrée, les fusions se succédant à un rythme d'enfer. Au bout de 90 minutes, je l'emporte avec 35300 (6/6 !) contre 34900 au deuxième, Jacques et un peu plus sur Maurice et Jean-Luc dans une partie qui resta serrée d'un bout à l'autre, seul Thierry ayant été irrémédiablement lâché par ses tirages d'hôtels.
Etant donné que l'autre table venait alors de finir d'assimiler les règles du jeu, nous avons enchaîné avec la découverte d'un jeu nouveau qui vient d'enrichir la (somptueuse) collection de Thierry, CITIZEN NEWS. Personne ne connaissant le jeu, nous avons un peu tâtonné. Toutefois, la découverte fut très intéressante et il n'est pas impossible que l'on retrouve ce jeu prochainement dans FAR-PLAY comme jeu nouveau... ça sert aussi à ça, les journées jeux !
C'est un jeu Schmidt dont voici le principe :
Sur le plateau de jeu sont représentes 10 journaux internationaux. Chacun de ces journaux a 15 actions dont le cours d'achat initial est de 10 000 pour la première, 20 000 pour la 2ème ... et 150 000 pour la 15 ème et dernière. Le but du jeu est de devenir majoritaire (contrôle de 8 actions) dans 3 journaux au moins (très dur) ou d'accumuler 1 500 000 (sans doute trop facile). Pour ce faire, le principe est simple :
- Au démarrage du jeu, chaque joueur a une somme d'argent différente (!), selon qu'il joue plus ou moins tôt dans le tour : le premier à jouer aura la possibilité d'acheter des actions moins cher que le suivant, et ainsi de suite...
- Pendant 6 tours de jeu, chaque joueur prend possession gratuitement d'une action d'un journal à chaque tour. Chacun se retrouve alors avec 6 actions plus ou moins réparties parmi les titres existants, selon la stratégie qu'il a voulu tester.
- Commence alors le jeu proprement dit : A son tour, chaque joueur peut, à son choix :
- Acheter une ou plusieurs actions à la banque au cours affiché sur l'action (10 000 à 150 000)
- Acheter ou vendre des actions aux autres joueurs (négociations libres et permanentes)
Puis, il tire au hasard un jeton marqué '+' ou '-' au hasard par 3 actions qu'il possède. Il les regarde et peut alors poser un jeton au maximum sur chaque action qu'il possède. Les '+' auront la possibilité de faire augmenter les revenus par part du journal, les '-' de les faire baisser.
Une fois que chacun des joueurs a fait cela, on résout le tour :
- Journal après journal, chaque joueur a la possibilité d'utiliser ou non les marqueurs qu'il a déposé sur son titre. Une fois que chacun s'est décidé, les revenus (10 000 au départ) augmentent de 5 000 par '+', plafonné à 50 000 et baissent de 5 000 par '-' (plafonné à - 20 000). Les joueurs touchent alors leurs revenus ou payent les frais si les revenus sont négatifs. Le tour se termine ainsi.
Après une lutte acharnée issue des techniques essayées par chacun, des imperfections de la règle, des alliances et des attaques permanentes sur chaque journal ou un joueur prenait de l'ampleur, Maurice remporte cette partie qui nous a enthousiasmés, devant votre serviteur, Thierry, Jacques et Jean-Luc qui paya très cher son rôle de premier joueur (voyant ce désavantage, nous décidâmes de procéder à un tirage au sort à la fin de chaque tour à partir du sixième afin de déterminer le premier joueur suivant : Jean-Luc tira de fois de suite 1 ce qui l'obligea à continuer à la même place, puis la céda au dernier, ce qui le mit deuxième, mais juste pour le dernier tour. A chacun ses moments de chance !) Des études d'adaptation ont sans doute commencé !
Une fois cette partie achevée, le 'New World' étant à deux tours de se conclure, nous avons décidé d'essayer divers petits jeux tout en organisant le dîner, phase essentielle s'il en est. Une fois le menu des choses 'commandables' apporté par Thierry, ce fut la ruée sur les commandes : je pense que la pizzeria a eu du mal à s'en remettre (nous les remercions au passage du bon repas que nous avons fait ainsi que de la bouteille offerte). Thierry et Maurice ayant été envoyés chercher notre pitance, nous les attendîmes en jouant à "FAMILY BUSINESS", chouchou de toutes les journées jeux et autre AG de l'association, jeu de cartes ou chacun des 6 joueurs possède un gang de 9 malfrats et règle ses "histoires de familles" en envoyant des contrats qui placent les adversaires sur une "Hit List". Dès que 6 gangsters sont sur la "Hit List", une guerre des gangs se déclenche envoyant les gangsters six pieds sous terre les uns après les autres. Il y a évidemment des cartes qui permettent de faire se retourner le contrat contre son initiateur, de soustraire son gangster de la liste avant le moment fatal ou d'accélérer le processus d'extermination. C'est un petit jeu de bluff de psychologie assez intéressant et surtout grandement hilarant.
Lors de la première partie, Jean-Luc invoque une tradition du "Tous sur le Président" et Bernard se retrouve hors-jeu presque immédiatement. Les autres en profitent pour se taper dessus et le souvenir du Président calomnié entraîne la chute aux enfers de Jean-Luc. Puis Christophe et Guillaume font les frais de l'opération et Jacques me descend mon dernier homme sans que j'ai la moindre parade... La revanche s'ouvre classiquement par un "Mort au vainqueur précédent" qui extermine Jacques encore plus vite que Bernard auparavant. Par la suite, une sainte alliance se crée pour éliminer "Lucky" Guillaume et ses cartes de défense permanentes : il avait osé nous narguer ! Mais même à 5 contre 1, nous n'arrivons pas à l'étendre complètement et il survit. Alors que je suis sur le point de mourir, mes supplications envers Jean-Luc puis Christophe font qu'ils me sauvent chacun à tour de rôle. Alors que la partie se termine, nous sommes 4 à avoir tous nos gangsters sur la "Hit List". Seul Christophe s'en sort avec une avance importante : 4 hommes encore protégés. Alors que le convoi de ravitaillement arrive, je trouve une solution miraculeuse au vu de ma situation précédente : un "Massacre de la Saint Valentin" abat tous les hommes présents sur la "Hit List" à ce moment là : mon suicide (j'étais le prochain sur la liste) entraîne un partage de la deuxième place à 4 joueurs !
L'inévitable pause dîner (il ne faut pas manger en jouant avec les jeux de Thierry) intervient fort à propos. Nous pouvons (pas moi, mais eux alors) reprendre la diffamation de nos adversaires sur nos tables communes (la cassette audio de ces conversations est en vente auprès de la rédaction du FAR-PLAY, écoutez le président, le secrétaire et les autres, 200 F les 10 minutes !).
Alors que Maurice nous abandonne, un joueur du club local arrive. Dominique a enfin trouvé un joueur pour tester MAI 68, simili-wargame ou ses forces de police encercleront durement les manifestants...
Le reste de la population se lance alors (il est minuit) dans une partie de 1835, version allemande de 1830, simulation ferroviaire et boursière connue des Transludistes depuis l'adaptation réalisée par Jean-Roger Duvauchelle. Cette variante est assez différente du fait de l'introduction très progressives des grosses compagnies (les nouvelles n'apparaissent que lorsque les précédentes sont vendues, ce qui entraîne des conflits permanents au niveau des achats) et la présence de moyennes compagnies entre les petites (qui donnent un revenu fixe par tour) et les grandes. Elles peuvent placer des tuiles comme les grandes mais on un actionnaire unique qui touche 50 % des dividendes, le reste restant acquis à la compagnie. De plus, la carte et les trains sont très différents.
Continuant à manger de temps en temps, nous nous attirons les foudres de Thierry : "Eloigne ta salade de cette table", "Retourne dans l'autre pièce", ... mais la partie va avancer lentement au départ (Guillaume débute complètement (et difficilement) et Christophe connaît 1830 mais pas 1835) puis en s'accélérant petit à petit.
Les méthodes sont diverses et les 'dons' ou 'vols' de présidence sont nombreux. La partie reste équilibrée entre les cinq premiers tout au long de la partie et au moment du décompte final (vers 7 heures du matin, tout de même), le suspense reste entier : nous pensons que quatre peuvent gagner
Grâce à la fatigue de notre cher président qui suit un peu trop les conseils qui lui sont donnés, j'acquiert des titres intéressants qui vont me permettre de gagner avec 5 501 Marks contre 5 481 pour Jean-Luc et moins de 700 d'avance sur le troisième (Thierry, 5193), le quatrième (Jacques, 4967) et le cinquième (Christophe, 4814). Seuls Bernard (merci) et Guillaume terminent vraiment battus.
Alors que la plupart s'en retourne à leur Dimanche ensommeillé, nous restons une petite heure (avec Thierry et Jacques) pour attendre la gardienne, occasion pour moi de faire découvrir LEADER FOOT (voir FP 34). Puis, retour vers la rue Houdon où l'aimable Sylvie nous accueille. Pendant que Jacques reprend des forces avant d'attaquer sont retour vers Amiens, nous entreprenons un TEMPETE SUR L'ECHIQUIER à 10 heures du matin, histoire de finir en beauté !
Enfin, tous ça pour dire que les journées Jeux au Mée sur Seine, on en a jusqu'au bout de la nuit ... Alors venez nous voir, la prochaine fois...