FARPLAY
Petite rétrospective des quarante-neuf numéros précédents
Alain David, toujours avide de caractères d’imprimerie pour remplir le grand désert blanc des pages vides de FARPLAY m’a suggéré de manière insistante que j’étais parfaitement placé pour faire un historique du journal pour le 50e numéro, sous le fallacieux prétexte que j’en avais la collection complète (le premier que j’entends dire : " oui, papy… " dans le fond, je lui colle un 0 au classement général !). Alors allons-y ! (Oui.....)
1. La naissance (n°1 & 2, fin 1981)
Les deux premiers numéros ne sont pas datés et ne portent pas d’indication de rédacteur en chef. Mais Jean-Roger Duvauchelle, alors secrétaire de Transludie et signataire de plusieurs articles, doit y être pour beaucoup. Je reconnais à coup sûr son influence dans le projet assez délirant (et bien sûr resté lettre morte) d’organiser l’assemblée générale sur le champ de bataille de Waterloo avec, le cas échéant, wargame vivant et en costumes (je jure que je n’invente rien).
Le format de FARPLAY est alors le format actuel mais avec couverture bristol (c’était le bon temps (si on me donne le budget, je veux bien y revenir)) mais le journal ne contient ni les propositions de jeux (expédiées aux membres par courrier), ni le classement général qui n’existera qu’à partir de 1985. Son contenu se partage donc entre comptes rendus de parties (les tout premiers Strategy) et des " articles de fond " : Jacques Léon, militaire de carrière retraité, fait un article fouillé sur les modes réels de préparation des missions militaires et l’application possible aux wargames et JRD évoque les jeux nouveaux qui sortent. Sans sombrer dans le gâtisme du " on était jeune à l’époque ! ", il y a une certaine drôlerie à voir Jean-Roger s’extasier sur " l’extrême fidélité et la qualité de la simulation " du tout premier Waterloo informatique de SSI, dont le primitivisme semble aujourd’hui sidérant : noir et blanc, cases rectangulaires, unités désignées par des combinaisons de lettres à rentrer au clavier, etc…
2. Le premier rédacteur en chef (Michel Forissier, du n°3 -mars 82- au n°8 –juin 84)
Un apport incontestable de Michel Forissier, ce sera son coup de crayon. Les caricatures se multiplient dans les pages de FARPLAY. Apparaît aussi la " litanie du rédacteur en chef sans copie ", syndrome que connaîtront tous les rédacteurs en chef du journal : allez, soyez sympa, faites des articles, un petit compte rendu, une présentation de jeu, un souvenir d’assemblée générale, n’importe quoi qui me permette de boucler un Farplay d’épaisseur décente.
Mais il n’est pas sans danger de répondre à ce type d’invite. Dans le numéro 5, un article proposait que des alliances entre joueurs puissent sur certains jeux se nouer par des traités en bonne et due forme vérifiés par des " intermédiaires-jurés " car il faut pouvoir conclure une alliance avant de penser à la trahir. Cet article, signé d’un certain Bernard Faivre, voit sa signature adornée d’un " traître diplômé de l’Académie de Bagneux " (qui ne figurait pas dans le texte original) et d’une caricature où un pirate unijambiste se frotte les mains en ricanant : " Trahir, moi j’aime… ". Voilà comment on crée de toutes pièces une réputation largement usurpée (si, si !).
La périodicité de FARPLAY n’étant pas dépendante des propositions de jeux est de ce fait quelque peu irrégulière (tantôt trimestrielle, tantôt semestrielle) et la sortie du prochain numéro devient un grand classique des réunions de bureau : débat généralement filandreux sur les moyens de susciter des articles géniaux qui se finit en général par la conclusion tranchante de Jean-Roger : " FARPLAY sortira quand il y aura assez d’articles pour le remplir ".
3. L’interrègne (n°9 & 10, 1984-1985)
Jean-François Lefebvre, puis Dominique Bridon se dévouent pour sortir chacun un numéro. FARPLAY devient une revue annuelle (un numéro en janvier 85 et un en juin 86). A l’évidence, personne n’est très motivé pour s’investir dans la confection du périodique, qui est en train d’agoniser.
4. L’ère Baugey (n° 11 - décembre 87 - à 26 - décembre 92)
On a enfin trouvé l’oiseau rare, c’est-à-dire un rédacteur en chef prêt à sortir régulièrement FARPLAY. Et dès lors, après quelques ratés (neuf mois entre le n°12 et le n°13 avec un numéro intermédiaire 12bis sur feuilles volantes), le journal de l’association va prendre son rythme de croisière trimestriel qu’il connaît encore aujourd’hui. Sur la proposition de Musarella, en effet, la proposition de jeux et le sacro-saint classement général vont se loger dans les pages de FARPLAY. Du coup, le journal est assuré d’une pagination minimale, mais il est aussi assorti d’une obligation de paraître tous les trois mois, sans quoi c’est tout le rythme ludique de l’association qui se trouverait remis en cause.
Et il faut remercier François Baugey d’avoir assuré cette sortie régulière du FARPLAY sans bavures pendant cinq ans (mais oui, Alain, tu auras droit aux mêmes compliments ; attends ton tour) (non mais alors, s’il se met à faire des italiques tous les 2 paragraphes, je fais quoi, moi ?). FARPLAY change de format : c’est désormais un petit cahier agrafé de vingt à cinquante pages au format A5. On sent que les traitements de texte se perfectionnent et permettent des recherches graphiques inconcevables avec une machine à écrire. Baugey, quand il en a le temps, peaufine d’ailleurs de jolis numéros pleins de dessins, de pubs détournées et autres caricatures de la vie transludique.
Faisons un sort à part au numéro 13 (tant pis pour les superstitieux) qui cumule les innovations : première publication de sondages sur les jeux de Transludie ; première informatisation d’un jeu (Galaxy par Jean-Marie Place) ; premier méga-jeu généreusement ouvert à tous les adhérents (Laserbowl, recyclé ensuite comme jeu agréé à 10 au lieu de 150) et premier article de Bernard Faivre sur les délais à tenir, les abandons à sanctionner et les conflits sur l’interprétation des règles.
Faisons un sort encore plus à part au numéro 23 qui reste, je crois, le meilleur numéro de FARPLAY avec notamment un somptueux article de Tomas Vanicek, premier au classement général et champion de l’humour à froid . Tous les numéros ne sont pas de cette haute tenue, mais entre les comptes rendus, les méga-jeux (Cannonbowl, La Ruée vers l’or), les statistiques transludiques (ah l’ivresse des premiers camemberts Excel!) et les articles de fond de quelques fanas (grand historique d’Avalon Hill dans le n°24), FARPLAY essaie de ne pas se limiter à la routine indispensable (proposition, classement, sondages).
4. L’époque Barril (du n°27 - déc 92 - au n°32 -avril 94)
François Baugey, pris (selon la formule consacrée) par ses obligations professionnelles, passe la main à l’AG de 92, en même temps donc que Jean-Roger Duvauchelle quitte la présidence de l’association. Patrick Barril le remplace, avec plein d’idées et une bonne volonté incontestable. FARPLAY est un peu plus austère qu’avant, mais il tourne. On voit paraître, par exemple, le premier article de la grande saga de Jean-Pierre Brockaert: Des guerres médiques aux Diadoques à l’occasion du lancement des Diadoques comme jeu agréé (n°28, avril 93). Mais, le temps passant, Patrick Barril, pris dans des problèmes personnels, a d’insurmontables difficultés à tenir les délais. Et comme il fait partie de ces gens, charmants au demeurant, qui vous affirment que le journal va partir la semaine prochaine pendant six semaines de suite..., le bureau lui fit comprendre que ça n’était plus possible, ce dont il convint sans trop de mauvaise grâce.
5. Le dernier rédacteur en chef (Alain David, du numéro 33 -juillet 94 - au numéro ???)
Enfin, Alain David vint ! L’homme de la modernité, avec qui tout se traite par disquette et désormais par e-mail (c’est une plaie, le courrier électronique : on ne peut même plus dire que les retards, c’est la faute de la Poste !). Il vient de battre le record de Baugey qui avait assuré seize numéros et, sous son rédactorat, les numéros sont toujours tombés avec une grande ponctualité, un suivi rigoureux et une mise en page soignée (tempérées par d’épisodiques distractions). Il a bien sûr la regrettable habitude de venir fourrer (quoi) ses petites (quoi donc) parenthèses (ah bon !) dans les phrases (lesquelles) où il n’a pas été invité (faut bien, c’est le seul avantage du poste...), mais enfin, on fait avec ce qu’on a (c’est trop d’honneur).
Alain David a tenté de varier le contenu de FARPLAY, notamment par des pages de brèves souvent intéressantes et s’est efforcé de susciter des talents d’écrivain dans l’association, mais il y a encore du boulot de ce côté-là (ah, tu as remarqué). A feuilleter les numéros de ces quatre dernières années, je me dis qu’il doit y avoir moyen d’avoir entre transludistes un vrai dialogue sur un certain nombre de jeux (ou alors, c’est à croire qu’ils ne jouent que par correspondance, et oublient le jeu dès le coup effectué...). Serait-il envisageable, à défaut d’un compte rendu sur chaque partie terminée (ne rêvons pas) d’avoir des sortes de dossiers collectifs sur certains " jeux-phares ". Ce fut un peu le cas dans le n°42 avec trois comptes rendus différents de Galaxy.
Encore faut-il que des gens se prennent par la main pour rédiger des articles, sans pour autant sombrer dans une personnalisation outrancière, dans le sens laudatif (" c’est moi le plus fort, la preuve, c’est que j’ai gagné ") ou dépréciateur (" je tiens à dénoncer le comportement inacceptable de cette ordure de ... "). On sait bien qu’une partie de Transludie réussie, c’est comme un match de foot: la victoire, c’est important d’accord, mais l’essentiel, c’est de reparler des actions d’éclat et des coups foireux une fois que la partie est finie.
Alors, à vos claviers pour les cinquante prochains numéros?
Bernard FAIVRE
T...... ....... .. . ........ de Bagneux
Mes mille remerciements à Bernard pour ce témoignage fort et émouvant sur le passé de notre belle association... Les pages suivantes vont essayer de vous relater les épisodes dont parle notre cher président :
C’est déjà ça, non !

PS : cela pourrait être plus lisible, mais cela ne reprendrait pas la police de caractère originale (et puis, ça m’obligerait à de la frappe inutile, pas comme ces deux lignes que je rajoute....)

La façon dont Jean-Roger est croqué me paraît splendide ! Son... allié ?, je ne le connais pas :

Présentation de l’univers de ‘Dune’, avec en particulier la Voix du Bene Gesserit.....
Est-ce vraiment ressemblant, Bernard..... où est-ce de la parano en voyant cette Image sous ta signature ;-)

Craquant, cet appel au peuple du N° 13
UNE NUIT AVEC BERNARD
Il y a quelques mois, je me retrouvais autour d’une table avec Tomas Vanicek, affichant la même assurance modeste qu’à l’époque où il écrasait le Classement, l’illustre et vénérable Bernard Faivre et quelques autres dont Pascal Lompech, et contrairement à ce qu’on pourrait penser à l’énoncé d’aussi brillants transludistes, nous n’étions pas réunis autour d’un quelconque Diplo ou autre Strategy mais devisions autour de quelques plats sympathies lors de l’A.G. 90. Bien que fréquemment bouscules par un petit bonhomme irrésistiblement attiré par les plats de crudités et qui dans une traînée de mayonnaise recrutait pour Britannia, nous écoutions Bernard nous expliquer cet incroyable et malheureux concours de circonstances qui lui valut cette réputation de traître qu’il traîne depuis quelques cas célèbres alors que c’est toujours contraint et forcé qu’il a servi le verre du condamné à ses victimes, Tomas, quant à lui, développait des théories sur la psychologie du traître et du condamné, sur la manipulation, l’intimidation crevant un public averti de connaisseurs.
Lorsque Jean-Pierre eut enfin terminé les sauces, l’assemblée qui retenait son souffle poussa les tables et les boîtes magiques sortirent Diplomacy, Civilization, Acquire, Merchants of Venus, Kremlin, Dune, Britannia et même une version plateau des Schtroumpfs Noirs attirèrent vieux briscards et néophytes... J’entamai quant à moi une partie de Diplomacy. Au bout de quelques saisons, le Turc laminé céda sa place à Bernard en rupture de Britannia qui accepta de résister à l’aide des deux derniers centres turcs. Tomas, Russe ayant déjà mangé Allemand et Autrichien se heurtait à la farouche résistance que Laurent Jost, Français et moi-même Italien tentions de lui opposer. Une lueur amusée éclaira son visage lorsque Bernard lui proposa son alliance afin de l’appuyer de toute la force de ses deux unités ! Il accepta et ils commencèrent à jouer de concert, Tomas laissant de plus en plus de centres à portée de Bernard -éprouvant avec un certain vice la résistance à la tentation de Bernard- testant dans la réalité les propos de Café du Commerce tenus à table... Supplice de Bernard coincé entre ces centres vides tout près et l’obligation intellectuelle minimale de mettre ses actes en rapport avec ses propos récents ! Oh, on ne peut pas dire qu’il n’en pris pas quelques uns au passage mais les explications valaient à chaque fois leur pesant de mauvaise foi ! Bernard finit second avec une dizaine de centres mais affirmant que ce n’était que justice, que ces centres lui revenaient de droit et que c’était grâce à la solidité inébranlable de son alliance que Tomas avait gagné ! Une intense activité diplomatique agita les nombreuses tables jusque tard dans la nuit.
Et puis doucement, au tout petit matin, vers les sept heures il restait encore trois tables de Britannia en marche, et encore s’il était resté de la mayonnaise nous aurions été un de plus.
François BAUGEY

JE ME SOUVIENS ...
Par Tomas Vanicek (illustrations de F. Baugey - FP n°23)
Je me dois d’honorer la promesse inconsidérée que j’avais faite à l’admiré (puisqu’admirable) François BAUGEY au sujet du fascinant problème psychologique du " dilemme du prisonnier ". (La partie de l’article qui se rapporte au sujet principal de cet article pourra faire l’objet d’une parution ultérieure.) Je me dois également de répondre à quelques uns qui m’ont demandé ce que je devenais (cette seconde partie est un peu moins d’actualité, donc on s’en passera !).
Je ne me dois pas du tout de vous dire comment devenir le numéro 1 à Transludie, mais j’ai quand même envie de le faire quitte à peiner certains de mes petits camarades (du moins ceux qui pensent l’être un jour ou l’autre).
Alors par quoi commencer ?
Ah oui ! La partie de Diplomacy dont au sujet de laquelle le sus-cité F. BAUGEY a fait un rapport dans le dernier Far-Play. Ce n’est pas tout à fait ça. Tout d’abord, j’étais Autrichien et pas Russe. Ce fut ce cher T. BOUGAIN qui sombra avec la Sainte Mère Russie après la prise de Léningrad par les Turques. Il faut dire qu’il l’avait cherché. En effet, il s’agissait pour moi de la première partie de Diplomacy de ma vie. Comme Thierry est toujours serviable, il m’expliqua qu’il n’était pas raisonnable que l’Autriche aille vers le nord ou l’est. Quant au sud, et si j’avais bien compris, cela n’avait de sens que si l’Autriche aidait la Russie à liquider la Turquie. J’avoue que j’ai un peu décroché quand il me démontra qu’il y avait une sorte de fatalité qui faisait que tous les centres des Balkans revenaient au Russe. Comme l’ouest (la seule direction apparemment raisonnable d’après le spécialiste) me semblait drôlement encombrée et que j’avais envie de m’allier avec F. Baugey que le hasard avait placé en Italie, j’ai commencé à opérer vers le sud. Hélas, le Turc était également amical. " Bordel de merde (me dis-je in petto étant d’un naturel plutôt poli) qui c’est que vais pouvoir bien attraper ? ". Thierry, me voyant dans l’embarras me tendit une main secourable sous la forme d’un plan. Le plan était en substance : " Le Turc te fait confiance. Alors dis-lui que tu vas faire un mouvement anodin. En réalité, tu attaqueras en Grèce, tu me laisseras la Roumanie et tu me soutiendras en Bulgarie. " J’en conviens, c’était dégueulasse. Mais comme je n avais rien à faire... Bref, au tour suivant, le Turc cherchait son salut dans l’Anatolie profonde, je m’apprêtais à prendre Constantinople et Thierry allait submerger la Scandinavie.
C’est alors qu’intervint l’épisode narré par François dan Far-Play. Le Turc a décidé de rentrer chez lui (au propre comme au figuré) et Bernard FAIVRE qui traînait par là, mû par quelque étrange compassion, a décidé de prendre sa place.
Je ne sais pas si Bernard a usurpé sa réputation, mais il faut dire que ce parangon de loyauté (ce qu’il nous a expliqué au repas) a quand même réussi le tour de force de me trahir à Wooden Ships and Iron Men il y a quelques années. Vous voyez le topo ? Un jeu plein d’hexagones, de rapports de force et de mouvements sophistiqués. Un jeu où la diplomatie a à peu près autant de place que la première ligne de Bègles dans le Lac des Cygnes. Pourtant Bernard m’appelle comme quoi "le vent souffle par ici, l’Anglais est un salopard, les hauts fonds qui et les mouvements que ". En somme il me dit qu’il n’a pas l’intention de me tirer dessus et souhaite que j’en fasse autant. Comme le vent me poussait vers Christian MULLER, je lui ai dit que tout cela allait de soi. Quelle ne fut pas ma surprise en constatant au tour suivant un déluge de boulets chaînés de... Bernard ! Il était un peu loin et le vent n’était pas favorable alors les dégâts furent faibles. Seulement pour moi c’était ma première partie à Transludie et j’ai cherché longtemps les raisons profondes de ce geste aussi étrange qu’inutile.

Refermons la parenthèse et revenons à Diplomacy. Bernard ayant évalué d’un oeil expert la position turque qui était en train de passer de grave à désespérée me tint à peu près ce langage : " Ce n’est pas parce que je suis un débris (je suppose qu’il faisait référence au Turc (comme quoi la blague est ancienne)) que c’est une raison pour m’achever ". J’ai une pensée fugace pour Wooden Ships mais j’ai décidé de passer un tour contemplatif. En fait de contemplation, j’ai vu Thierry BOUGAIN qui m’a pris 1a Serbie ! Inutile de dire que ce n’était pas une ouverture mais un boulevard pour Bernard FAIVRE et la suite allait avoir quelque chose d’inéluctable. Le Turc, appuyé par l’Autriche, a traversé la Russie de Sébastopol à la Finlande en quelques tours pendant que l’Autriche envahissait l’Italie (malgré moi François, malgré moi !). Il est vrai que par la suite mes centres des Balkans sont restés sans défense face à Bernard. Et il est vrai que leur prise lui aurait assuré la première place. Mais je crois qu’après ce qu’il avait dit au repas, il était psychologiquement impossible qu’il le fit. Amusant, non ?
(Bernard nous révèlera peut-être, presque 10 ans plus tard, pourquoi il a trahi Tomas à ‘Wooden Ships and Iron Men’ ?)
Histoire chiffrée de l’Association, par Alain DAVID
49 Far Play, 931 tables démarrées en 79 propositions différentes (les Far Play du début, comme Bernard nous l’a expliqué, ne correspondaient pas aux propositions) pour un total de 5 826 joueurs et 931 arbitres (tout cela sans compter les Méga Jeux de la belle époque !)
Dans la durée, cela représente plus de 7 000 jours écoulés depuis la première table lancée le 1er mai 1979, un Diplomacy et un " Origin of World War II ".
Au début, l’arbitre était (dans les dossiers) Jean-Roger Duvauchelle mais l’arbitrage était le plus souvent collégial, les joueurs de la table se réunissant pour résoudre le tour.
Vitesse de jeu :
Au chapitre des parties rapides, notons 61 jours pour un " Gergovie " ! Est-ce logique où est-ce la base qui nous trahit ? C’est possible, car un Armada a duré quant à lui 85 jours... il faut dire que les conditions de victoires étaient un peu trop simples lors de cette première présentation...
A l’autre extrémité, outre le Dune célèbre qui s’est terminé il y a peu après 2 022 jours soit tout de même près de 5 ans et demi... (mais non Christian, personne ne t’en veut...), le record est détenu, si l’on en croit la base de données, par un Strategy (n°128) qui aurait duré plus de 6 ans et demi soit 2 433 jours !
Dans les parties ‘vivantes’, le record est loin puisque la plus ancienne est un Orcrol n°685 qui a commencé en mai 1994 (et où de multiples abandons n’ont pas facilité la chose...).
Les Jeux ‘Phare’ :
Le tableau de la page suivante reprend quelques données pour les 61 jeux différents qui ont connu au moins 30 joueurs dans leur carrière (sur 103 jeux références au total, quand même).
Vous avez le nombre total de joueurs, de tables, de présentations, les ratios entre ces 3 chiffres et la date de la première et de la dernière présentation. La colonne ‘Mort ?’ pose la question de la disparition ou non du jeu ! Cette question se pose si aucune table n’a été ouverte depuis le 1er janvier 1996, soit presque 3 ans.
Si le jeu est assurément en vie, la durée de vie du jeu est calculée au jour d’aujourd’hui. Sinon, elle s’arrête à la dernière présentation.
Quelques remarques au passage sur ‘Mort ?’. Cette colonne ne prend pas en compte la présentation du Far Play n°50 car on ne sait pas s’il y aura des tables ! Toutefois, on peut remarquer dans les premiers du classement la résurrection attendue de ‘Dune’. ‘Cartel & Cutthroats’ a eu du succès mais était arbitré sous Apple ][ et on commence à avoir du mal à trouver... mais on pourrait réfléchir à faire de même pour de nouveaux jeux , peut-être ? A creuser ! ‘Diplomacy’ n’a pas eu de table lors de la dernière présentation du jeu, ce qui est normalement synonyme de disparition de la liste des jeux agréés de Transludie...’Fief’ attend une nouvelle version, on ne désespère pas ! Dynasty attend des arbitres motivés et compétents (il faut connaître le jeu à fond et prévoir une vingtaine d’heures d’arbitrage par tour... pas simple !). Kingmaker & Samouraï n’intéressent plus grand monde, Wooden Ships a disparu il y a trop longtemps pour moi... voilà, les commentaires sont les bienvenus si vous en avez !

Avec 370 joueurs inscrits sur 42 tables en 14 présentations, Strategy est le leader toutes catégories de l’association (Christian, si tu veux classer par jeux, commence par celui-là !) !
Les suivants sont Galaxy (en attente de refonte du programme, ça va venir), Landquist et Formule 1 au nombre de joueurs (dans cet ordre) et de tables (dans le désordre), et Diplomacy en présentations, mais avec un succès toujours fléchissant... (9 tables dans les 100 premières de l’association, 10 depuis... il est vrai qu’il y a des associations spécifiques sur le sujet.
Un record (parmi les jeux ayant eu plus de 5 tables) ne sera pas amélioré : Force 7 a recueilli en moyenne plus de 12 joueurs par table ! Aujourd’hui, les tables sont limitées à 10 joueurs quoi qu’il arrive, en particulier pour éviter d’avoir en une seule partie trop d’influence sur le classement général. (alors que le Force 7 n°190 a recueilli 27 participants... ce qui est le record en la matière ! D’ailleurs, ce jeu a 4 des 5 tables les plus nombreuses, le seul intrus étant " Le Mans " que je n’ai pas le plaisir de connaître et qui a eu 24 inscrits en une table lors de sa seule présentation !).
A l’autre extrémité, de nombreux jeux se sont déroulés et se déroulent avec 4 participants, c’est le minimum requis.
En terme de succès, c’est ‘Galaxy’ qui a la palme avec une moyenne impressionnante de près de 36 inscrits à chacune des 8 présentations ! (enfin, ‘Outdoor Survival a fait mieux avec 37 joueurs, mais lors de sa seule présentation en 1985... c’était quoi ?). Derrière, Civilisation (toutes versions confondues) a eu plus de 31 inscrits de moyenne en 6 présentations (la 7ème sera lors du Far Play n°50) et Football Manager est un peu au-dessus avec 32 inscrits de moyenne mais en seulement 2 présentations. C’est le principal challenger des grands classiques parmi les jeux récents. Les trois autres sont " Noël 665 en Famille " qui, après déjà quatre propositions, en est à 11 tables et donc 88 joueurs, " Panthéon " avec 71 joueurs en 3 propositions et " TV WAR " avec 54 joueurs en 2 propositions.
Par ailleurs, nombre de ‘petits jeux’ sont fort honorablement classés dans ce palmarès, en raison de leur longévité. Ainsi 4000 AD avec 92 joueurs sur 23 tables jouées en 10 propositions, ou Le Lièvre et la Tortue (oui, c’est un seul jeu...) et ses 87 joueurs ou encore Black box avec 85 joueurs.
Et les wargames dans tout ça ? Cette catégorie à part est assez mal représentée au classement malgré une quasi-permanence dans les propositions, du fait du changement de jeux assez fréquent. Ainsi, pour un " Austerlitz " qui culmine avec 72 joueurs en 8 propositions, combien de Waterloo (24 joueurs), Savage Station (1 seule présentation et 24 joueurs tout de même), Air Assault (le fameux jeu ou l’Allemand avait intérêt à tirer sur son allié pour marquer des points, paraît-il...).
Pour en finir sur les jeux, un petit mot sur " Duel ", petit chouchou de notre président (il l’a adapté en ¼ d’heure du temps où il était Vice-Président jeux (le ‘x’ vient du correcteur, mais on aurait pu croire que sans ‘x’, c’était fait exprès... loin de moi cette idée !) nouveaux avec l’obligation (morale ?) de faire paraître 2 jeux nouveaux par trimestre...) : " Duel " a été présenté à 6 reprises, ouvrant ainsi 9 tables pour un total de 46 joueurs ! C’est (à mon avis) un énorme succès pour ce jeu dont les règles tiennent dans la page de présentation, exemple compris ! Toutefois, tout miracle a ses limites et " Duel " n’a pas séduit lors de sa dernière présentation... adieu !
Pour la petite histoire, le 101ème et dernier jeu de ce classement est un certain " Confrontation " avec une présentation en octobre 1981 qui recueillit une unique table de 4 joueurs !
Le rythme de parution :
L’année la plus prolifique a été 1984 avec 72 tables démarrées (la belle époque ou Formule 1 faisait 5 tables !), devant 1986 avec 64 tables, puis 63 en 1985, 62 en 1993, 61 en 1991, 59 en 1995.
Et les joueurs, alors :
Remarque préliminaire : ce travail est forcément incomplet. Des noms ont été rapprochés, des initiales enlevées... donc c’est approximatif ! Par ailleurs, les remplacements ne sont pas pris en compte, ni pour les joueurs ni pour les arbitres (et Bernard, il y perd sur ce coup !).
Le tableau de la page suivante vous récapitule tout cela ! Voici les principales remarques que l’on peut faire :
Michel AYMARD est notre lauréat, mais que c’est serré en tête !
Parmi les 6 premiers (plus de 70 parties), Bernard FAIVRE est le plus ancien (il apparaît dès la partie n°13 en 1981) devant Michel AYMARD (n°58) et Christian MULLER (n°63), tous deux en 1983. Jean-Luc s’est inscrit à son premier ‘MIDDLE SEA (n°481) fin 1990 mais a rattrapé son retard depuis, comme Alain DAVID (moi-même) qui a commencé par un ‘BAZAAR’ en septembre 1991.Le plus ‘jeune’ est Dominique COLSON qui n’a débuté que lors du Britannia n°625 démarré en mai 1993, mais il est en passe de rattraper les précédents...
Il est d’ailleurs à noter que hormis les 3 jeunots quelque peu boulimiques (on parle d’un point de vue ludique, bien entendu), les 19 premiers joueurs sont tous relativement anciens dans l’association.
On peut aussi noter la modeste 26ème place de Jean-Roger DUVAUCHELLE, un des rescapés de la table 1, avec son épouse Christine (23 parties en presque 20 ans) et Patrick RIVIERE (8ème)
Et on totalise 579 joueurs différents (à l’approximation des doublons près...) et 184 arbitres.
Parmi les joueurs, les 20 plus gros joueurs ont joué 20 % des parties ce qui est beaucoup puisqu’ils ne représentent que 3 % du nombre total de joueurs. A l’arbitrage, les 20 G.O. principaux ont dirigé les débats de 43 % des tables !
Pour finir, les G.O. (Gentil Organisateur. Pour ceux qui nous découvrent, c’est l’autre terme employé pour l’arbitre) :
Thierry BOUGAIN est loin en tête avec 41 parties arbitrées (dont 12 fois Force 7, qu’il est le seul à pouvoir arbitrer sur Apple ][ actuellement, mais on espère pouvoir procéder à l’arbitrage sur PC prochainement !). En dehors de cela, il a arbitré un peu de tout. Son second est Gilbert CHEVILLON qui avec 30 géotages a presque autant arbitré que joué (34 fois joueurs...). Jean-Roger est 3ème, sous réserve bien sûr (comme je l’ai dit plus tôt, il est arbitre pour les 8 premières parties, dont certaines auxquelles il participe...).
Des petits nouveaux, on retrouve les mêmes que dans l’autre classement. Jean-Luc BRUNET a 28 arbitrages à son actif, Alain DAVID 27. Ensuite, Stéphane SEVESTRE est à 18 tandis que Dominique COLSON n’est, à ma grande surprise, qu’à 10 arbitrages comptabilisés (j’ai joué à chaque fois sur tes tables, Dominique ?). On note bien sûr la présence de tous les ‘cadres’ de l’association à toutes les époques.
On peut regretter l’absence de quelques joueurs impénitents qui pourraient consacrer un peu de leur temps à l’arbitrage... Richard, Patrice, Thierry parmi les 25 plus gros joueurs n’ont pas arbitré. On le regrette et en plus, vous avez tort car le géotage est souvent source de réflexion sur un jeu, c’est très formateur...
Ce sera tout pour le moment, rendez-vous est pris pour le n°100 !
