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LA GUERRE ÉCONOMIQUE Une ruse d’Alexandre a été racontée par Ibn al-Khatïb, l’auteur du livre intitulé " Histoire de Bagdad "… Alexandre, au cours de ses expéditions dans différentes régions de la terre, arriva devant une ville protégée et fortifiée de la meilleure manière. Ses habitants lui en fermèrent les portes, prêts à la défendre . L’ayant assiégée en vain, Alexandre perdit tout espoir de la prendre. Il se mit alors à examiner les conditions dans lesquelles se trouvait cette ville. Il apprit alors qu’elle contenait des provisions de blé et des sources d’eau en si grande quantité que ses habitants ne pouvaient craindre de les voir épuisées. Il s’éloigna d’elle et leur envoya en secret des marchands, trouvés par lui, munis de beaucoup d’argent. Il leur ordonna d’entrer dans la ville dans le but d’y faire du commerce, de vendre les produits qu’ils transportaient avec eux, d’acheter en échange la plus grande quantité possible de blé, provoquant ainsi une hausse du prix de cette denrée. Les marchands entrèrent dans la ville et Alexandre fit semblant de retourner sur ses pas avec son armée. Les habitants furent persuadés que leur ennemi avait renoncé à ces projets les concernant. Leur tranquillité dura jusqu’à ce que les marchands eussent emmagasiné la plus grande part du blé qui se trouvait dans la ville. Lorsque la nouvelle en parvint à Alexandre, il envoya des lettres à ses marchands, leur ordonnant de brûler tout le blé qu’ils possédaient et de s’enfuir. Puis Alexandre avança rapidement pour assiéger de nouveau la ville. Il n’y restait que très peu de blé. Le siège dura seulement quelques jours, car les habitants lui demandèrent bientôt de garantir leur sécurité, lui ouvrirent la portent et se soupirent à son autorité. |
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LA GUERRE CIVILE ET LES ARABES Lorsque Abd al-Malik, fils de Marwâne (Damas - 685 – 705), fut entièrement occupé par sa guerre contre Mous’ab, fils d’al-Zoubayr (partisan d’un khalife concurrent à La Mecque), les principaux personnages parmi les Grecs de Byzance vinrent trouver ensemble leur roi (l’empereur Justinien II) et lui dirent : - L’occasion est venue pour toi de chercher à vaincre les Arabes, car ils se sont acharnés à lutter les uns contre les autres et se font réciproquement le plus de mal possible. Notre avis est que vous devez les envahir et les battre chacun dans sa région. Si tu agis ainsi, ô roi, tu les domineras et tu atteindras le but que tu te propose en ce qui les concerne. Il ne faut pas que tu les laisses tranquilles jusqu’à la fin de leurs luttes intestines, car à ce moment ils seront tous unis contre toi. Le roi leur défendit de faire quoi que ce soit dans ce sens et les désapprouva. Mais ils refusèrent d’accepter une décision autre que celle de piller les Arabes dans leurs propres pays. Lorsqu’il vit cette obstination de leur part, le roi fit venir deux chiens et les excita l’un contre l’autre. Ils se battirent de la manière la plus rude. Puis il fit venir un renard et le laissa filer entre eux deux. Quand les chiens virent le renard, ils cessèrent de se combattre et poursuivirent de concert le renard jusqu’à ce qu’ils l’eussent atteint et tué. - Ainsi agissent les Arabes, dit le roi des Grecs de Byzance. Ils se battent entre eux, mais si leur ennemi commun se présente, ils laissent les différends qui les opposent et s’unissent contre lui. |
Origine : " Le livre des ruses ", Editions Phoebus
(merci à Jean-Pierre Moreau pour ces ‘ruses’)