Petits conseils à l’usage des joueurs de Transludie…

Par Tomas Vanicek (titre de l’article par le rédac-chef !)

 

Hello Ladies and Gentlemen !

Les voies du Seigneur (mais non, pas toi Bernard !), étant impénétrables me voici rerentré en contact avec cette vénérable assemblée que vous constituez.

J’avoue que ma surprise était grande de constater que ça fait... 20 ans ?

Enron a sombré, World Com est nettoyé, Apple existe à peine, mon ami Messier se demande comment il va rembourser 25 millions de $ mais Transludie résiste à la fureur de la nouvelle économie en général et aux manipulations comptables en particulier (au fait si P.Rivière est toujours trésorier et si tu m’entends Patrick - tu as enfin changé ta Ferrari ? Ca faisait quand même un peu pauvre ).

Vous permettez que je me désigne par Grand Ancien (Oui ? Merci.).

Je pourrais aussi m’appeler The Walking Death mais vous conviendrez que ça ferait un peu moins convivial.

Alors voilà, quand on a été pris par la passion du jeu, le vrai, celui où vos neurones s’allument comme un arbre de Noel et non ces Erstaz consistant à faire un mouvement élégant du poignet en disant "Personnel", on le garde toute la vie.

Aussi voudrais-je vous parler du jeu.

Je pensais d’abord faire une réflexion sur l’avenir du jeu sur table et par correspondance dans le cadre du monde multimédial en mettant, notamment, en relief la composante psychologique.

Mais après je me suis dit que le lecteur actuel du Far Play s’en balance certainement autant que le lecteur d’il y a 20 ans à qui on aurait parlé de l’avenir du processeur 8 bits (et j’en profite au passage pour saluer Lord Byton).

Donc non.

Dans ce cas je vais répondre à la question que vous vous posez tous - comment faire pour gagner.

Tout d’abord il faut noter qu’il ne faut jamais écouter les gens qui vous disent qu’on joue pour s’amuser et que le classement est sans importance.

Bien sur que vous n’allez pas tomber dans cette ruse au premier degré avec laquelle le vétéran guettera du coin de l’oeil votre fragilité psychologique en émettant in petto un ‘ Héhéhé ‘Gottliebien .

Car vous, vous savez bien que c’est en ayant un 89/92 que votre amusement ne connaitra pas de bornes.

En réalité c’est simple - faites dans l’ordre :

  1. Eliminez B.Faivre.
  2. Il faut bien qu’il y ait de l’ambiance dans un Landquist mais avec un joueur Chaotic Evil ça risquerait être un poil trop mouvementé.

  3. Choisissez un jeu avec les règles d’une complexité maximale et le hasard minimal.
  4. Tout investissement de matière grise dans l’étude des règles vous sera rendu au centuple.

    Ca vous permettra de faire le coup absolument exotique que personne n’attendait (surtout pas le G.O) et devant le cri outragé de celui qui est en train de passer du statut du Duc de Normandie au statut d’un tas de ruines rappeler froidement que le § 4.3.1 vu en conjonction avec le § 12.1 est absolument formel - la Normandie a toujours été à vous.

    Le fin gourmet arrivera à trouver une contradiction dans les règles dont l’emploi apporte un plaisir tout à fait particulier.

     

  5. Soyez fidèles (pardon Christian !).
  6. S’il arrive une bavure, un moment de faiblesse, personne n’est à l’abri - faites pénitence.

    Ce n’est pas QUE l’amour du prochain qui vous anime, c’est aussi l’arithmétique.

    Supposez que vous êtes 2ème à toutes les grosses parties que vous jouez.

    Ca vous fait un 0.8 les doigts dans le nez.

    Et ce serait tout de même le diable si dans le tas il n’y aurait pas quelques 1ères places.

    Dune est superbe pour cela notamment avec cette possibilité géniale de gagner en couple - avec Landquist mon jeu préféré.

    Un détail - si le GO fait correctement son travail avec les cartes de commerce sur Dune, vous pouvez reconstituer le paquet grâce à une diplomatie habile et à un sens de déduction qui vous est inné .

    Je ne vous raconte pas les dégâts que vous faites quand vous connaissez ce qui arrive et c’est Atréides qui n’en reviendra pas.

    Jouez Fremen et croyez moi, c’est le spécialiste de Dune qui vous parle.

  7. Négociez.
  8. Négociez tout et n’importe quoi.

    La négociation est le nerf du jeu (celui avec le grand J) et l’élément d’adaptation principal de votre stratégie.

    Avec un dur ("Ecoute mon vieux, Emerald est à moi alors je ne veux pas voir un poil de tes sorciers dans le coin") vous serez souple ("Bien sur cher ami. Avec la sagesse et la puissance dont tu fais preuve on pourrait peut-etre attaquer ensemble X ?").

    Avec un souple ("Euh... je ne sais pas bien... tu m’as l’air trop fort... est-ce bien raisonnable ?) vous serez dur ("Tu fais comme tu le sens. Mais je te préviens, ma bienveillance a des limites que tu es en train de piétiner d’une manière qui pourrait etre préjudiciable pour ta santé").

    Avec un retors ("Alors tu fais ce mouvement , je dis à Machin que Truc va là, on intoxique Bidule et il y a mat en 4 coups") vous serez retors au carré ("Ouais, ouais, pas de problème" et vous le laissez s’écraser tout seul contre un platane).

    Avec le bavard vous serez silencieux.

    Avec le silencieux... ben là vous êtes mal - vous pouvez essayer d’être silencieux aussi mais ça fait une communication un peu surréaliste, genre Bergman, malheureusement ce n’est pas avec des cris et chuchotements que vous résoudrez cette question épineuse de la Normandie qui commence à vous les gonfler.

  9. Quand vous éliminez B.Faivre, faites le vite. Généralement il résiste le bougre.

Ah nostalgie !

Dites et si je revenais :)

Tomas Vanicek aka Deadshade Darkweaver , nécromancier de son état sur Everquest

P.S

Une prochaine fois, je pourrais vous parler des MMORPG et d’Everquest .


Précédent