COMPTE RENDU DE FIN DE PARTIE
FIEF - Table 721
Arbitre: Maurice Corneloup
Eh bien mon cousin, on parlera longtemps dans les donjons, de cette partie éclair qui a été expédiée en 7 tours! De mémoire de croisé c'est la première fois que je vois ça.
Ils étaient pourtant venus tout frais et tout guillerets, décidés à vendre chèrement leur peau. Pierre Arnaud occupait le Comté de Blaye, Jean-Luc Brunet s'accrochait au rocher de l'Epervier et Alain David se trouvait embusqué à Tournus. Au sud-est, Laurent Jegouzo se préparait à devenir Comte de St Médard. A Sigy, la Baronne Hélène était impatiente de jouer aux petits soldats et tout au sud, Eric Morel s'était installé à Bourg.
D'entrée de jeu, Alain de Tournus balance la peste à son voisin Laurent et comme le jeu des cartes est anonyme, Laurent qui lui aussi détient une carte Peste, l'envoie le tour d'après sur Pierre Arnaud, soupçonné d'être à l'origine de la première épidémie. Pendant ce temps la Baronne Hélène qui a reçu deux seigneurs achète des soldats avec tout son pécule et les répand sur la carte, sans se soucier de la façon dont elle conservera les villages qu'elle occupe.
Au nord, on gère correctement le patrimoine, Pierre, Jean-Luc et Alain achètent les moulins qui leur procureront les fonds nécessaires à mener la guerre. La peste qui s'abat sur Blaye met un terme aux ambitions du Comte, le château de Blaye est envahi dés le troisième tour par Jean-Luc. Pierre résiste malgré tout: il négocie avec Hélène qui l'accueille. Mais elle commet la faute de l'éliminer le tour suivant sur l'instigation de Jean-Luc qui s'est fait sacrer roi et lui promet un fief. Ce que n'a pas réalisé Hélène, c'est qu'alliée avec Pierre, ils recevaient à eux deux le double de cartes et augmentaient leurs chances de faire face à l'envahisseur. Plus grave, en recevant un fief, elle devenait nécessairement la prochaine cible. Je pensais qu'en voyant un château se construire à Beaujeu, à deux villages de Sigy, elle réaliserait le danger, mais non, elle préféra envoyer ses troupes contre St Médard!
Pendant ce temps, Laurent Jegouzo luttait contre son emploi du temps et accessoirement contre Alain de Tournus. Il fût éliminé dés le quatrième tour, sans doute à son grand soulagement et ... au mien.
Lorsqu'il prît St Médard, Alain conservait toutes ses chances de gagner. Certes, St Médard n'était pas un fief et le Roi Jean-Luc n'avait sûrement pas l'intention de le transformer, mais avec ses revenus conséquents, Alain avait les moyens d'attaquer l'Epervier et de subventionner Hélène afin d'éviter que son fief ne tombe en de mauvaises mains. Au lieu de cela, il préféra partir à la conquête de la région de La Bussière. Jean Luc lui envoya un mauvais temps qui le fît s'embourber à St André, bien loin du théâtre des opérations importantes. Il ne tentât jamais d'armer la Baronne, alors qu'il était riche et je crois que ce fût sa principale erreur. Eric Morel commença la partie avec quelques hésitations et perdit inutilement un seigneur en allant sur les terres de Laurent avant même d'occuper les siennes. Après quelques erreurs de départ, il se ressaisit et fît face tantôt à la baronne, tantôt au duc de Tournus. Il assassinât le seigneur d'Alain qui l'attaquait et je pense que placé où il était c'était la bonne solution. L'assassinat du roi n'aurait pas empêché la conquête du troisième fief car Jean Luc avait d'autres seigneurs. Ce n'est pas Eric qui donnât le premier, l'exemple d'un manque de solidarité contre le gagnant potentiel. Je pense qu'il a bien mérité sa troisième place.
Mes félicitations à Jean Luc Brunet qui a gagné cette partie avec beaucoup de brio. Même s'il n'a pas été contré comme il le fallait, il a su allier stratégie, tactique et diplomatie qui en font un joueur redoutable à Fief.
Deux mots, sur l'adaptation à la correspondance qui a été utilisée. J'ai découvert cette règle au moment d'arbitrer la partie, ayant l'habitude d' une autre beaucoup plus proche du jeu à la table. Je pense que cette nouvelle adaptation présente deux inconvénients importants par rapport à l'ancienne:
- L'anonymat sur les cartes jouées supprime une bonne partie de la diplomatie au profit du hasard.
- La transformation de la phase mouvements d'un ou deux villages en deux phases mouvements d'un village, supprime les possibilités tactiques de défense et donne une prime à ceux qui ont beaucoup de seigneurs, renforçant là aussi l'effet hasard.
Peut être ces modifications sont elles causes de la brièveté de la partie. Je crois surtout que la bonne expérience du jeu qu'avait Jean Luc a fait la différence.